Je veux me perdre dans les bois.

J’veux me perdre dans les bois. Parler avec les arbres. Et ils me répondraient. Dans ma tête, oui, parce que je serais devenu fou. Mais peu importe, il n’y aurait personne pour me faire remarquer ma folie. Je foncerais dans un arbre, et me défigurerais. Je serais hideux. Mais peu importe, il n’y aurait personne pour me faire remarquer ma laideur. Je chanterais à l’année longue, chanterais comme un pied. Mais peu importe, je chanterais bien, puisque personne ne serait là pour me faire remarquer mon manque de talent. En bref, je serais heureux. Parce que personne ne pourrait me donner un peu de leur malheur qu’ils vivent à chaque jour, en faisant partie de cette société dans laquelle montrer ses difficultés est un signe de faiblesse. Moi, je suis courageux, malgré ce que vous pouvez croire, parce que j’assume et j’affronte mes difficultés. Peut-être suis-je fou, mais vous l’êtes davantage. Vous vivez sans réfléchir. Vous n’avez a peine le temps de vous gratter, parce que la vie vous presse. Non, vous pressez la vie. La vie est faite pour être vécue, chaque fraction de seconde mérite d’être apprécié. Mais dans la société actuelle, c’est impossible. Voilà pourquoi je veux me perdre dans les bois. Pour vivre, heureux. Pour profiter de ce que Dieu nous a donné, nous a bâtit. Admirer le soleil le jour, jouir de la lune en pleine nuit.
Tsé, quand y’est 3h00 du matin, et que t’as envie de tout abandonner, de laisser la folie prendre possession de toi, ça donne ça.

